Soutenance de thèse de Nicolas Fleurier

Soutenance de Thèse de Nicolas Fleurier
📅 Mardi 27 janvier 2026 à 14h
📍 Salle des thèses, espace Deleuze de l’Université Paris 8
📚 La diplomatie du faible au fort ou la Belgique s’inventant puissance intermédiaire.
Relations diplomatiques de la Belgique avec la France et le Royaume-Uni
dans le contexte européen de 1919 à 1925
Résumé de la thèse
De la Conférence de la Paix jusqu’aux accords de Locarno, la Belgique s’efforce d’obtenir une solution jugée équitable aux multiples enjeux hérités du conflit mondial. Cette ambition ne se limite toutefois pas à la résolution des contentieux nés de la guerre : forte du sacrifice consenti et de la résistance héroïque qu’elle a opposée à l’invasion, et après avoir renoncé à sa neutralité traditionnelle, la Belgique entend également faire reconnaître un nouveau rôle sur la scène internationale, celui d’une puissance intermédiaire à part entière. Pour atteindre cet objectif, elle s’appuie sur ses deux principaux soutiens diplomatiques, la France et le Royaume-Uni, cherchant tantôt leur appui direct, tantôt à s’inscrire dans une posture d’arbitre ou d’équilibre entre eux. Cette stratégie se heurte néanmoins à des intérêts divergents : la France instrumentalise les aspirations belges, notamment en ce qui concerne le Luxembourg, tandis que le Royaume-Uni se montre réticent à s’engager pleinement dans la garantie de la sécurité belge.
Le règlement de paix qui s’ensuit laisse ainsi un sentiment d’insatisfaction. S’il procure à la Belgique certains gains territoriaux au détriment de l’Allemagne, et parfois même au mépris des populations concernées, il ne répond pas entièrement à ses attentes politiques et stratégiques. Dans ce contexte, l’orientation pro-française de la diplomatie belge se renforce : elle se manifeste par la participation à l’occupation de Francfort, la conclusion d’un accord militaire avec la France et l’engagement commun dans l’opération de la Ruhr. En revanche, d’autres dossiers demeurent non résolus ou différés, tels que l’accord commercial franco-belge ou la question du rattachement du Grand-Duché de Luxembourg. Les aspirations belges se heurtent alors aux contraintes du réel : l’enthousiasme et les ambitions d’un État encore peu expérimenté dans le jeu des grandes puissances se confrontent à la prudence et à la temporalité de ces dernières. Malgré ces obstacles, Paul Hymans puis Henri Jaspar, successivement ministres des Affaires étrangères, élaborent et mettent en œuvre une diplomatie innovante, qui dépasse la seule recherche de reconnaissance internationale et participe à la redéfinition du positionnement belge dans l’Europe de l’après-guerre.
Sous la direction de Marie-Anne Matard Bonucci (IFG Lab) et de Catherine Lanneau.
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