Cyberattaque contre la Poste : un révélateur de la « guerre hybride » menée par la Russie, avec Kevin Limonier

Dans une tribune publiée dans Libération, Kevin Limonier, professeur à l’IFG et chercheur associé GEODE, analyse la cyberattaque revendiquée par le groupe de hackers NoName057 (016) contre La Poste.
Cette cyberattaque de grande ampleur a perturbé les activités de La Poste durant la période des fêtes. Rapidement, le groupe NoName057 (016) a revendiqué l’opération, affirmant vouloir priver les « russophobes » de « colis pour Noël ». Toutefois, de nombreux spécialistes en cybersécurité mettent en doute cette revendication, qu’ils considèrent comme opportuniste, c’est-à-dire visant davantage à attirer l’attention médiatique qu’à refléter la réalité de l’attaque.
Selon Kevin Limonier, l’opération n’était pas particulièrement sophistiquée sur le plan technique. Son efficacité repose surtout sur un bon choix du moment et sur une mise en scène maîtrisée, qui s’inscrit dans une stratégie plus large de communication et d’influence. Ainsi, indépendamment de l’identité réelle des auteurs de l’attaque, cette revendication contribue à renforcer le récit d’une « guerre hybride » menée par la Russie contre l’Europe.
L’auteur souligne cependant que ces ingérences ne relèvent pas d’un Kremlin omnipotent, mais d’un écosystème décentralisé d’acteurs, fonctionnant selon une logique concurrentielle. L’objectif est moins de produire des effets matériels majeurs que de nourrir un sentiment de menace permanente. Ce cas illustre donc la nécessité d’analyser ces attaques avec recul afin d’en mesurer la portée réelle et d’éviter toute surestimation de la puissance de nuisance russe.



