Armes nucléaires : le retour ? avec Héloïse Fayet

Dans l’émission Le Dessous des Cartes sur Arte, Héloïse Fayet, spécialiste des questions nucléaires, revient sur la menace de l’atome, de plus en plus brandie par les régimes autocratiques.
Chercheuse associée GEODE et à l’IFRI, ainsi que doctorante à l’Institut Français de Géopolitique, elle évoque la relance des programmes nucléaires des grandes puissances au détriment du droit international.
Puissances nucléaires et dynamiques de prolifération
Aujourd’hui, neuf États possèdent l’arme nucléaire, totalisant environ 12 000 têtes, dont l’écrasante majorité est détenue par les États-Unis et la Russie.
Ce club se divise entre les États officiellement reconnus par le Traité de non-prolifération (France, Russie, Chine, Royaume-Uni, États-Unis) et ceux qui ne l’ont jamais signé (Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord).
Dans ce contexte, l’arme nucléaire redevient un instrument de puissance et de protection particulièrement attractif. Certains programmes suscitent de vives inquiétudes, comme celui de l’Iran, tandis que d’autres sont perçus avant tout comme des garanties sécuritaires.
L’érosion du cadre juridique et le retour de la compétition nucléaire
Le droit international est désormais considéré par les grandes puissances comme une contrainte plutôt que comme un garde-fou. La logique de légalité cède le pas aux ambitions stratégiques : les États-Unis et la Russie se sont retirés du Traité FNI (Forces nucléaires à portée intermédiaire) et ont relancé leurs essais.
Cette rupture marque le glissement d’une dissuasion classique vers une « sanctuarisation agressive », où l’arme nucléaire ne sert plus seulement à prévenir un conflit, mais à soutenir des stratégies d’expansion territoriale.
La place de l’Europe et le rôle de la France
Confrontée à la menace russe et à l’incertitude de la garantie américaine, l’Europe se retrouve dans une position particulièrement vulnérable. Héloïse Fayet souligne que la France ne peut agir seule : attendre que la menace atteigne directement ses frontières serait une illusion dangereuse. Elle plaide ainsi pour une réflexion sur une dissuasion française élargie à l’échelle européenne.
Toutefois, la mise en place d’une défense nucléaire commune au sein de l’Union européenne apparaît irréaliste, certains États membres ayant ratifié le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Dans ce contexte, seules des coopérations bilatérales renforcées semblent envisageables.
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