Tribune d’Ali Bensaâd dans le Monde

Dans une tribune publiée dans Le Monde, Ali Bensaâd, professeur émérite de l’IFG, analyse l’affaire du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis un an et demi et condamné à sept ans de prison en appel. Selon lui, Gleizes n’est pas un otage des relations franco-algériennes, mais le produit de tensions politiques internes au régime algérien, fragilisé et en quête de survie.
L’auteur estime que le pouvoir algérien, affaibli sur le plan intérieur et de plus en plus isolé à l’international, est pris dans une impasse stratégique. Incapable de composer avec les réalités géopolitiques, il oscille entre la fuite en avant nationaliste, au risque d’un isolement accru, et des reculs imposés par la pression internationale, qui dévoilent sa fragilité interne et nourrissent la défiance populaire.
La libération de l’écrivain Boualem Sansal en 2025 a illustré ce dilemme. Si elle a été rendue nécessaire par la pression internationale, elle a aussi affaibli le régime en apparaissant comme un recul face aux puissances étrangères, contredisant son discours ultranationaliste. Cette décision a ravivé les tensions internes et mis en lumière le sort des nombreux prisonniers du Hirak toujours détenus.
Dans ce contexte, la libération de Christophe Gleizes semble inévitable, sous l’effet de la mobilisation des journalistes, de la FIFA, de l’Église et de la visibilité internationale liée à la Coupe du monde. Le régime, qui n’a pu établir aucune preuve d’hostilité de la part du journaliste, l’a utilisé comme otage symbolique afin de crédibiliser la menace du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et de discréditer plus largement les foyers de contestation en Kabylie.
Pour Ali Bensaâd, la question n’est donc pas diplomatique mais intérieure : le pouvoir algérien devra négocier cette libération avec ses propres factions conservatrices et une opinion travaillée par un discours nationaliste dur, récemment renforcé par de nouvelles lois symboliques. La sortie de prison de Christophe Gleizes, loin de résoudre la crise, ne fera que souligner davantage les contradictions d’un régime en perte de légitimité.
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