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La Turquie entre marche à l’autocratie et résistances



La Turquie entre marche à l’autocratie et résistances

Plus de deux mois sont passés depuis le 15 juillet 2016 et la tentative de coup d’État en Turquie par des fractions de l’armée, dont le régime accuse la confrérie Gülen (Voir encadré page 3). Si cette tentative ne pouvait constituer qu’un recul, sa mise en échec n’a en aucun cas constitué une avancée démocratique. L’incrédulité devant la faiblesse de la tentative a entraîné la théorie de “l’autocoup” monté par Erdogan pour justifier la mise au pas du pays. Une hypothèse plus probable, avancée par le journaliste Ahmet Sik, est qu’une alliance liant gülenistes et non gülenistes était à l’origine du coup d’État mais s’est dissoute, une partie des uns trahissant les autres, le gouvernement aurait en amont négocié avec une partie des putschistes. Ensuite, des listes des magistrats suspendus ont été très rapidement publiées, probablement parce qu’elles existaient depuis bien longtemps et, qu’en somme, le gouvernement a fait preuve d’opportunisme en les utilisant dans le nouveau contexte ouvert par le coup d’État et son échec, qui lui était très favorable. Un coup d’État qui favorise l’arbitraire et la répression On peut de toute façon relever que le pouvoir d’Erdogan n’était pas menacé et n’avait pas besoin d’une telle opération. En effet, le 15 juillet ne marque pas un tournant dans l’évolution de la Turquie mais l’accélération de dynamiques déjà enclenchées par le régime de Recep Erdogan avant cette tentative. En deux mois, la réduction, déjà en cours, de l’espace légitime du social et du politique a été terrible. Le phénomène est tout sauf nouveau, mais il est devenu encore plus puissant et spectaculaire. L’effort du régime est immense pour faire de la turcité, du sunnisme, L’état d’urgence du sultan Erdogan Le bilan de 50 jours d’état d’urgence établi par l’Association des Droits de l’Homme de Turquie est éloquent : 40 000 gardes à vue 20 000 incarcérations 80 000 fonctionnaires démis de leur fonction Fermeture de 45 journaux 24 radios 18 canaux de TV 29 maisons d’éditions 3 agences de presse 100 journalistes mis en garde à vue 37 journalistes incarcéré-e-s 28 mairies mises sous tutelle. Suite

 

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